EN BREF N°520 : Communiqué du SNTRS-CGT, Pour lutter contre la Covid-19, changeons de logique : la coordination doit remplacer la concurrence

vendredi 29 mai 2020
par  Laeti

Pour lutter contre la Covid-19, changeons de logique : la coordination doit remplacer la concurrence

Les académies nationales de médecine, de pharmacie et vétérinaire viennent de publier un communiqué commun qui est un pavé dans la mare. C’est un constat très critique sur la façon avec laquelle le gouvernement français et l’Union européenne ont lancé les recherches sur la Covid-19 et développé les moyens diagnostiques et thérapeutiques appropriés. Les robinets financiers fermés jusqu’à peu pour les recherches sur les coronavirus se sont subitement et largement ouverts via une multitude d’appels à projets non coordonnés. Comme si les moyens financiers concédés dans la précipitation allaient rattraper des années de pénurie.

Alors que la démarche scientifique exige de la méthode, du temps et … de l’esprit critique. Nous avons au contraire assisté à une absence totale de coordination nationale qui a laissé libre cours à tout et n’importe quoi, notamment à des essais cliniques contraires aux principes de la déontologie médicale. Il n’en peut ressortir qu’un immense gâchis.

Les trois académies demandent que la coordination soit assurée en France par l’Alliance Aviesan qui chapeauterait l’ANR, l’ANRS et le programme hospitalier de recherche clinique (PHRC). Cette demande se heurte à la logique de la politique gouvernementale pour l’ensemble de l’action de l’État qui rajoute, à la concurrence entre les équipes de recherche, la concurrence entre les agences de financement comme seul gage d’efficacité.

La Covid 19 montre l’impérieuse nécessité d’une politique nationale de recherche. Mais ceci entre en contradiction avec la constitution en cours d’ensembles territorialisés de l’ESR en compétition les uns avec les autres et la marginalisation des organismes nationaux de recherche réduits à des structures de financement de leurs laboratoires et de fourniture de main d’œuvre intégrées dans ces ensembles territoriaux.

Il en est de même dans le domaine de la santé. Les CHU, pour leur activité de recherche, sont placés en concurrence. Sur les 32 CHU, six tout au plus sont porteurs de projets du programme horizon 2020 et pas plus de dix CHU ont une activité de recherche pouvant prétendre une visibilité internationale. Ils peuvent ainsi bénéficier de moyens pour devenir tête de réseaux régionaux avec les établissements partenaires. Cette dérive a été amplifiée par le programme d’investissements d’avenir (PIA) avec notamment la création de 14 sociétés d’accélération du transfert de technologies (SATT) et les 8 Instituts hospitalo-universitaires (IHU) qui n’ont de compte à rendre à personne (voir l’IHU Méditerranée !).

Dans ces conditions de concurrence généralisée, il n’est pas étonnant que l’Alliance Aviesan comme les autres Alliances, aient des difficultés (sur son site, il n’y a rien sur la Covid). Ce d’autant qu’elle a un défaut majeur aux yeux de ses partenaires : elle est dirigée par l’Inserm. Son président est le PDG de l’Inserm et ses 9 Instituts Thématiques Multi-organismes sont enchâssés sur les Instituts Thématiques de l’Inserm.

Pour le SNTRS-CGT, un point fondamental, que ne soulèvent pas les trois académies, est celui d’une recherche totalement financée par des contrats dont les objectifs sont définis en dehors de la communauté scientifique. Les scientifiques doivent retrouver toute leur place.

Il faut en finir avec une recherche contractualisée par des comités d’experts. Il faut que les laboratoires soient financés par des crédits récurrents, que les instances scientifiques des organismes nationaux de recherche retrouvent l’intégralité de leurs prérogatives en matière de prospective scientifique. Les financements par appel à projet doivent venir en complément des financements de la recherche et non se substituer à ceux-ci.

La lutte contre la Covid-19 comme d’autres enjeux de santé publique fait intervenir recherche et système de santé, ce qui veut dire que la collaboration au niveau national entre institutions de recherche et établissements de santé est une nécessité et qu’aucun des partenaires ne doit se prévaloir d’une position dominante.

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En Bref N°520
du 29 mai 2020

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