Bilan social - intervention du SNTRS-CGT sur la politique d’emploi

jeudi 29 novembre 2018
par  Laeti

Nous tenons à saluer le travail de l’observatoire des métiers et de l’emploi scientifique qui permet d’avoir ces données statistiques très complètes et utiles sur la réalité objective de l’établissement. Elles rendent compte des conséquences néfastes des politiques d’austérité et des réformes structurantes qui se suivent sans répit depuis 2005 sur les personnels, principaux acteurs de l’activité de recherche et donc qui déterminent ses capacités en termes de recherche. Mon intervention va se focaliser sur le chapitre : effectifs et recrutements de personnels.

Les données pluriannuelles sur les effectifs et les recrutements montrent un affaiblissement du CNRS depuis 10 ans.

Le CNRS a perdu depuis 10 ans, 1158 emplois de titulaires (-4,51 % des emplois statutaires) soit -427 chercheurs (perte de plus de 4 % des effectifs de chercheurs) et -1158 de techniciens (perte de 39 % des effectifs de Tech). Si les effectifs d’ingénieurs ont augmenté de 968 (, ils sont loin de compenser les pertes en chercheurs et techniciens. Depuis 2012, les effectifs d’ingénieurs et techniciens ne cessent de baisser.

Les postes de contractuels sont devenus la variable d’ajustement de l’emploi et leur nombre fluctuent selon les possibilités budgétaires. Depuis 2007, le CNRS a employé entre 4700 à 7000 contractuels équivalents temps plein travaillé avec un rapport non titulaires /titulaires qui varie entre 20 à 24%. Depuis 2010, le nombre de contractuels baisse chaque année reflétant la baisse des capacités du CNRS en termes d’emplois.

Le déficit de recrutement combiné aux départs plus tardifs à la retraite a modifié la structure du corps des chercheurs. Faute de recrutements, la part des chargés de recherche parmi les corps des chercheurs est passée de 60,3 à moins de 55% en 10 ans. La proportion de chercheurs titulaires de moins de 35 ans ne représente en 2017 moins de 6%, elle était de 12,8% en 2007, Dans le même temps il a salarié chaque année entre 2000 et 2600 CDD « pratique de la recherche » qui pour les ¾ avaient moins de 35 ans et ne seront pas recrutés bien que le CNRS continue a recruté des CDD par milliers.
L’analyse montre que la structure des corps d’ingénieurs et techniciens a, elle aussi, profondément changé depuis 2007. Actuellement, 74,5% des effectifs sont des ingénieurs et 25,4% sont techniciens, en 2006 Il y avait 62% d’ingénieurs pour 39% de techniciens. Les corps des techniciens et adjoints techniques se vident. Dans le même temps le CNRS aura embauché chaque année entre 3000 et 3700 CDD « Accompagnement de la recherche » et comme pour les contractuels chercheurs, les ¾ d’entre eux avaient moins de 35 ans en 2016.

Pour contourner le manque de recrutement, les directions recourent à des précaires ou encore préfèrent sacrifier des emplois de catégorie B ou C au profit d’ingénieurs ou d’un chercheurs. Quitte ensuite à répartir les tâches administratives ou techniques sur le personnel déjà en place, peu importe si il n’est pas qualifié voire incompétent pour les assumer. Les formations tardant à venir, les compétences sont acquises directement sur le terrain au prix d’une augmentation du stress et du sentiment de ne pas être à la hauteur. Dans les laboratoires, le manque criant de personnels d’accompagnement et de soutien à la recherche devient prégnant. Le rapport nombre IT sur le nombre de Chercheurs (IT/C) pour la très grande majorité des instituts est inférieur à 1 (sauf IN2P3, INSU). Il ne fait que baisser dans tous les instituts. Si on intègre les non statutaires, le manque de personnels ingénieurs et techniciens se fait encore plus sentir.
Et, bien que le nombre de contractuels baisse depuis 5 ans, leur proportion évolue peu par rapport aux effectifs de permanents (25-23%). Le nombre important de précaires a fait l’objet de nombreuses intervention du SNTRS-CGT dans cette instance, aussi au conseil scientifique, au conseil d’administration et dans les sections du CoNRS pour dénoncer la situation de précarité inadmissible des jeunes assurant des fonctions pérennes dans les laboratoires et services alors qu’ils devraient être recrutés sur postes stables et statutaires. Nous dénonçons les conséquences de cette précarité : casse des collectifs de travail et dégradation des conditions de travail que nous subissons tous contractuels comme titulaires.

Depuis maintenant 10 ans, le CNRS emploie plus de 36% de ses chercheurs sous statut précaire. Pour les contractuels IT la situation n’est pas meilleure, le CNRS a employé 22,5% de ses IT en contractuels. Le besoin récurrent d’emplois de chercheurs, d’ingénieurs de techniciens est manifeste, or le nombre de précaires est pratiquement 10 fois supérieur au nombre de recrutements de chercheurs ces 3 dernières années. Cela traduit la volonté de stabiliser les cadres de recherche, managers ou gestionnaire de contrat, tout en précarisant les personnels à la paillasse qu’ils soient chercheurs, ingénieurs ou techniciens. A la clé cela signifie surcharge et souffrance au travail. Au delà de précarisation des personnels, c’est aussi la précarité des thématiques de recherche. Cette évolution est néfaste pour les personnels des laboratoires et les services, les collectifs de travail et les perspectives scientifiques au long terme.

C’est l’attractivité du CNRS qui est en jeu.
En se focalisant sur les concours chargés de reherche : Le nombre moyen de candidats/ poste ouvert ne cesse de baisser depuis 2012. Ainsi qu’une baisse tendancielle des candidats étrangers et une baisse drastique du nombre de lauréats étrangers.

Si les deux campagnes de recrutement 2015-2018 de chercheurs avaient commencer seulement à inverser la tendance des pertes des effectifs de chercheurs, les campagnes annoncées à partir de 2019 vont l’annuler. l’hémorragie de techniciens continue.

Le plafond d’emplois sur subvention d’Etat voté et autorisé par le parlement pour 28 618 ETPT sous plafond avec la masse salariale correspondante. Le bilan social 2017 indique que le CNRS a rémunéré sur subvention d’État 23 934 ETPT de titulaires et 911 ETPT de contractuels y compris les doctorants, soit un gel de 3773 ETPT pour assurer l’équilibre budgétaire. En 2005, les autorisations d’emplois sur subvention d’Etat étaient de 30788 ETPT. Les effectifs réalisés ont été de 30 676,9 ETPT, soit une différence d’une centaine de postes. Le CNRS consommait tout le plafond d’emploi en emplois. Ce sont environ 3400 ETPT ont été gelés depuis une dizaine d’année au CNRS C’est l’équivalent d’environ 10% des effectifs totaux du CNRS qui sont gélés !! La masse salariale du CNRS tout comme le budget global de l’établissement sont loin d’être sanctuarisés, c’est le potentiel de recherche de la France qui est mis à mal. Pour compenser l’érosion des emplois depuis dix ans et les départs définitifs et en détachement, le CNRS devrait recruter pendant 5 ans, 440 chercheurs et 650 IT par an. Il est nécessaire d’aller au-delà pour que le CNRS remplissent toutes ses missions, pour cela nous demandons une véritable réflexion au sein des instances du CNRS sur l’emploi. Il faut que l’État abonde le budget du CNRS pour assurer à la fois les emplois ainsi que les 3/4 des budgets des laboratoires en budget récurrent.


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RIFSEEP : Le ministère abat ses cartes !

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REFUSONS cette injustice !
REFUSONS ce régime de prime inégalitaire entre les établissements mais aussi entre les agents au sein d’un même établissement !

La pétition est en ligne à l’adresse :
http://www.sntrs-cgt.cgt.fr/phpPetitions/index.php?petition=5